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01/11/2015

Que faire si votre cholestérol est trop haut ? par Jean-Marc Dupuis - La lettre Santé Nature Innovation

cholesterol-haut_690x350-690x350.jpg« Le cholestérol n’est pas le coupable »,

« le cholestérol n’est pas un poison »,

« les médicaments contre le cholestérol sont toxiques »…

N’empêche.

On a beau connaître tous les arguments, ce n’est pas drôle de revenir du labo d’analyse avec des examens sanguins indiquant un taux de cholestérol trop élevé.

Il faut bien faire quelque chose ! On ne va tout de même pas continuer à vivre comme si de rien n’était !

Et comment profiter de la vie, comment encore se faire plaisir, profiter d’un repas autour d’une bonne table avec cette épée de Damoclès sur la tête ??

Vous avez entièrement raison.

Le rôle du cholestérol dans les maladies cardiovasculaires est très probablement totalement exagéré.

Réduire son taux de cholestérol, que ce soit par un régime sans graisses saturées ou par des médicaments (statines) ne réduit pas le risque de décès.

Toutefois, quel que soit votre âge et votre état de santé, des méthodes naturelles réduisent votre risque cardiovasculaire. Et il serait absurde de vous en priver ! Surtout si vous revenez de chez votre médecin avec un cholestérol trop élevé.

Mais avant de vous dire ce que vous pouvez entreprendre dès aujourd’hui, permettez-moi un court rappel sur le cholestérol.

Le cholestérol est bon pour la santé

Le cholestérol est une des molécules les plus importantes du corps humain : elle est indispensable à la fabrication des cellules, ainsi que pour produire des hormones vitales comme les hormones du stress et les hormones sexuelles, ainsi que la vitamine D.

Le cholestérol est indispensable pour digérer les graisses : il entre dans la composition des acides biliaires, fabriqués par le foie.

Il est enfin vital pour le cerveau, permettant à la mémoire de fonctionner : les personnes qui manquent de cholestérol, et les personnes qui font baisser artificiellement leur taux de cholestérol avec des statines (médicaments) ont des problèmes de mémoire [1], un risque plus élevé de diabète, de dépression, de suicide et de mort violente [2].

Tout cela est documenté scientifiquement.  Il ne s’agit pas de tendances légères mais de liens très étroits.

La médecine connaît mal le fonctionnement du cœur et des artères

Il faut bien réaliser que la cardiologie, la médecine du cœur, reste aujourd’hui très imprécise.

Certes, les médecins font des miracles avec les cœurs artificiels. Ils ont aussi fait d’immenses progrès dans la médecine d’urgence, pour sauver la vie de personnes ayant subi un accident cardiaque (infarctus), en débouchant en urgence les artères.

Toutefois, une grande incertitude demeure sur les causes des maladies cardiovasculaires : pourquoi elles apparaissent, comment les prévenir, comment éviter un nouvel accident après un premier infarctus ou un AVC.

Peu de médecins vous le diront droit dans les yeux, mais les théories les plus contradictoires s’affrontent.

Pour vous donner un exemple, bien des médecins estiment que c’est le cholestérol qui bouche les artères. En fait, ce qu’on appelle la « plaque » artérielle, qui réduit le diamètre des artères et accroît le risque qu’elles se bouchent, est principalement constituée de cellules musculaires des artères qui ont proliféré, de calcium et de fer, le cholestérol restant minoritaire.

Certains chercheurs pensent même que le cholestérol est un pansement. Il viendrait là pour réparer les dégâts provoqués par l’inflammation de la paroi des artères : c’est pour cela que l’on trouverait du cholestérol à cet endroit.

L’augmentation du taux de cholestérol serait donc le moyen pour l’organisme de se protéger. Et baisser son taux de cholestérol avec des médicaments serait donc une très mauvaise idée !

Evaluer votre risque cardiaque : les vraies analyses

Une chose est sûre cependant : votre taux de cholestérol total n’est pas un bon moyen de prévoir votre risque cardiovasculaire.

Il est beaucoup plus utile pour vous de faire les analyses suivantes :

  • Niveau de triglycérides : bien qu’un taux de 2 g par litre soit considéré officiellement comme acceptable, les experts s’accordent à dire qu’un taux de triglycérides qui se rapproche de 1,5 g/l indique déjà un très mauvais état de santé cardiovasculaire. Idéalement, votre niveau de triglycérides devrait toujours être inférieur à 1,2 g/l [3].
  • Ratio HDL/cholestérol : le niveau de HDL (dit « bon » cholestérol), est un facteur prédictif du risque cardiaque. Divisez simplement votre taux de HDL par votre taux de cholestérol total. Le pourcentage doit idéalement être supérieur à 24 %.
  • Ratio triglycérides/HDL : vous pouvez faire la même chose avec votre ratio de triglycérides par rapport à votre HDL. Le ratio doit être inférieur à 2.
  • Votre taux de sucre sanguin à jeun (glycémie à jeun) : les études montrent que les personnes qui ont une glycémie à jeun de 100-125 mg/dl ont presque 300 % de risques en plus de maladie cardiaque coronaire (artères qui irriguent le cœur) que les personnes qui ont moins de 79 mg/dl [4].
  • Taux de fer : le fer en excès dans le corps est une source majeure de stress oxydatif. Si vous avez trop de fer (taux de ferritine supérieur à 200 ng/ml), cela peut abîmer la paroi de vos artères et augmenter votre risque d’accident cardiovasculaire. Le moyen le plus simple de réduire votre taux de fer est alors de pratiquer le don du sang. Si votre taux est particulièrement élevé, il faut consulter un hématologue, cela peut être le signe d’une hémochromatose, une maladie génétique.

Les moyens naturels de réduire votre risque cardiovasculaire

Mais attention : si vous constatez que vous avez de mauvais taux tels ceux relevés ci-dessus, la solution la meilleure n’est pas d’avaler des pilules chimiques pour les corriger.

Cela ne servira à rien. Si vos taux sont mauvais, c’est un problème de mode de vie qui se corrige en adaptant votre comportement et votre alimentation.

Voici la liste des mesures naturelles à prendre :

  • Remplacez la nourriture industrielle, transformée, artificielle, par des aliments entiers, frais, cuisinés au minimum et si possible bio et cultivés localement.
  • Évitez les produits allégés et augmentez votre consommation de graisses bonnes pour la santé : avocat, poissons gras, œufs bio entiers, beurre de vaches de pâturage, graisse de noix de coco, huile de noix extraite à froid, fruits à coque (noix, amandes, noisettes…) non grillées et non salées, huile de colza bio ou d’olive ; veillez en particulier à votre ratio oméga-3/oméga-6, qui doit être entre 1 pour 1 et 1 pour 5, mais certainement pas 1 pour 20 ou 1 pour 30 comme c’est en général le cas dans l’alimentation occidentale actuelle.
  • Optimisez vos apports de calcium, magnésium, sodium et potassium ; si vous mangez beaucoup de légumes bio, vous aurez les apports nécessaires. Faites des jus de légumes avec un extracteur pour augmenter votre consommation plus facilement.
  • Surveillez votre taux de vitamine D. Préférez si possible l’exposition au soleil. Vous atteindrez votre niveau optimal de vitamine D en vous exposant chaque jour 15 à 20 minutes sur au moins les trois-quarts de votre corps ; si vous ne pouvez pas vous exposer, prenez un complément alimentaire, prenez en même temps de la vitamine K2 : ces vitamines agissent ensemble pour ralentir la calcification des artères (artériosclérose) [5].
  • Arrêtez à tout prix de fumer mais buvez un verre de vin rouge par jour ; évitez les vins sucrés, cuits, liqueurs et alcools forts.
  • Faites de l’exercice physique régulièrement : il s’agit là de la façon la plus sûre et la plus efficace de prévenir et traiter les maladies cardiaques.
  • Veillez à votre hygiène dentaire et buccale : une dent morte (dévitalisée), la plaque dentaire (bactéries autour des dents et sur la gencive), des gencives enflammées (rouges) sont associées à un grand nombre de maladies dont les maladies cardiaques. Dans une étude de 2010, les personnes présentant une mauvaise hygiène de la bouche avaient 70 % de risques de développer une maladie cardiaque par rapport aux personnes qui se brossaient les dents deux fois par jour [6].
  • Evitez les statines, qui font baisser votre taux de cholestérol artificiellement, sans effort, mais avec des risques de nombreux effets indésirables. Les seules personnes qui peuvent tirer un avantage pour leur santé des statines sont celles qui souffrent d’une hypercholestérolémie familiale, une maladie très rare qui donne un taux très élevé de cholestérol quelle que soit l’alimentation et le mode de vie. Si vous devez prendre des statines, prenez absolument aussi du CoQ10, un coenzyme très important pour l’énergie cellulaire, et dont la fabrication est également bloquée par les statines qui ne font pas qu’empêcher la fabrication de cholestérol.
  • Pour réduire votre niveau d’insuline, et améliorer votre sensibilité à l’insuline, choisissez un régime à index glycémique bas, c’est-à-dire des aliments qui ne font pas trop rapidement monter votre taux de sucre sanguin : patates douces plutôt que pommes de terre, miel plutôt que sucre, légumineuses (pois, haricots, fèves) plutôt que céréales. Il existe aussi un complément alimentaire, l’acide alpha-lipoïque (400 mg), qui améliore la sensibilité à l’insuline.

À votre santé !  Jean-Marc Dupuis

[1] Could Low Cholesterol Levels Jeopardise Brain Function ?

[2] Low cholesterol and violent crime.

[3] Triglycerides and Cardiovascular Disease, A Scientific Statement From the American Heart Association

[4] If Your Fasting Blood Sugar is Above 90 You Are At Risk of Heart Disease

[5] Vitamin D and K2 Work in Tandem to Slow Arterial Calcification

[6] Toothbrushing, inflammation, and risk of cardiovascular disease: results from Scottish Health Survey

 

Dominique BERNARD LEDI
Thérapies globales
203 Rue du Bosc
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